Mathieu


RES-22, le 9 décembre 2011

Ouverture # 22 Résumé : L’auteur expose une bonne raison de vivre ou revivre un intensif RES. Quelles sont nos racines psychologiques? Selon nos âges physiques, de quelles blessures sommes-nous prisonniers intérieurement? Se pourrait-il que, du fait que je ne cherchais pas à la bonne place, je ne sois jamais parvenu à me trouver?  Serait-il temps pour moi de sortir de mes prisons et de mes déserts, puis de rentrer chez moi?

Début de la présentation:

Bonsoir, je m’appelle Mathieu, et je vous souhaite la bienvenue.

En ce début d’intensif, voici deux questions très intéressantes:

  1. Pourquoi vivre un intensif RES?
  2. Que faisons-nous ici nous les anciens, et que fais-tu ici toi le nouveau ou la nouvelle?

Pour chacun de nous, il nous faut d’abord prendre conscience d’où nous venons, quelles sont nos racines?

Lors de cette brève présentation, je vais surtout parler de moi, car l’ouverture d’un intensif RES est toujours un cadeau que je me fais, et un privilège que m’offre la conscience de groupe de lancer l’intensif. Du coup, tous les participants sont invités à commencer à déballer eux aussi intérieurement le cadeau qu’ils sont pour eux-mêmes.

Comme entrée de jeux, quelles sont mes racines ?

Je viens d’un « pays intérieur », qui était la plupart du temps habité par la souffrance, la solitude et l’abandon.  Ha! Il y avait aussi de la joie, mais pas vraiment; pas une joie qui, à la suite d’un ou plusieurs intensifs, avait le bon goût de celle d’aujourd’hui.

Avant de fréquenter l’intensif RES, je m’évaluais constamment et je réagissais sans cesse en voyant ma vie à travers le filtre de mes blessures d’enfance, mais j’évaluais aussi ma vie en me basant sur mon échelle de valeur personnelle, c’est-à-dire celle dictée par les petites voix intériorisées de ma mère, de mon père, du curé ou de mes professeurs d’école. Toutefois, où étais-je à travers tout ça? Qui plus est, mon Dieu n’était souvent pas meilleur que ces personnes adultes qui devaient supposément prendre soin « du cadeau » que j’étais lors de mon entrée dans ce monde. Il s’agissait toutefois de leur Dieu à eux, celui qui leur avait été transmis dans leur enfance, par d’autres personnes toutes aussi blessées elles aussi.

Devenu adulte, je ne comprenais pas pourquoi mes croyances d’enfance n’évoluaient pas en moi! Pourtant, je ne voulais plus agir ainsi — c’est-à-dire être en réaction — mais j’en étais incapable, c’était plus fort que moi. Je réagissais à tout ce que je ne voulais plus dans ma vie, et je n’arrivais pas à m’en défaire. Pourquoi était-ce ainsi?

L’intensif Retrouver l’Enfant en Soi (RES) me permet de découvrir et de prendre conscience de tout ce que je viens d’affirmer, c’est-à-dire la réalité à propos de mon passé et des blessures qui m’ont été infligées dans mon enfance.

Même si j’ai vraiment très peur de revisiter toute cette période, je peux le faire en fin de semaine, car je me sais accompagné par un groupe de soutien où nous sommes tous là, l’un pour l’autre. Je n’oublie pas mon nouveau Dieu qui me porte dans ses bras, à la hauteur de son cœur pour m’aimer, à la hauteur de ses yeux pour me regarder et de ses oreilles pour m’écouter.

J’ai à l’intérieur de moi un petit enfant blessé. Je suis un enfant blessé, et il réagit à travers moi à ses blessures d’enfance. Je « suis » les autres, dû au fait que dans mon enfance j’ai fait et j’ai été ce que les autres voulaient que je sois pour être aimé d’eux, je l’ai pratiqué et je suis devenu eux.

Étant devenu adulte, je suis tout de même encore un enfant bafoué, un enfant abusé, et même « violé » à bien des points de vue. Toutefois, ce petit enfant veut reprendre confiance en lui, avoir confiance dans les autres et en Dieu. Je me sens souvent comme un petit enfant qui se sent au printemps de sa vie, même s’il est âgé de trente ans, quarante ans, cinquante ans, soixante ans, et même soixante-dix ans.

Le bouton de fleur qu’est maintenant ce petit enfant veut éclore, faire voler en éclat les barreaux qui l’ont toujours gardé prisonnier de ses blessures. Ce petit enfant veut pouvoir crier : « Je n’en peux plus, je veux vivre; j’ai soif, j’habite le désert depuis si longtemps, trop longtemps. J’habite un désert qui est maintenant brûlant, qui me consume de l’intérieur, je veux en sortir. J’ai soif de moi, je veux boire à ma source, car celle des autres n’apaise plus du tout ma soif. Je n’en peux plus de faire semblant, et de m’organiser pour « geler » tous ces désirs de MOI ».

Ce petit enfant me crie : « Je veux rentrer chez moi. Il y a des années que je cherche; en fait que je me cherche, mais je n’y suis jamais arrivé. Je commence à comprendre un peu la raison; je ne cherchais pas du tout à la bonne place. Je me cherchais au dehors, alors que j’étais en dedans. C’est au dedans de moi que j’ai toujours habité. Il est maintenant grand temps que je rentre à la maison, que je rentre chez moi ».

L’intensif RES me permet de débroussailler le stationnement et le portique de ma maison, puis d’aller boire à ma propre source. L’intensif me permet de me reconnaître, puis de me libérer de tous les personnages de mon enfance qui sont en moi. Sinon, je continuerai d’habiter un désert brûlant, et d’avoir soif. Non! Je n’en veux plus de ce désert et de ces prisons. Je ne veux plus avoir soif des autres! Je sais que tout cela se fera très graduellement, à l’heure de mon Dieu, accompagné par mon groupe de soutien.

Je nous souhaite donc l’intensif RES dont chacun de nous a besoin!

Bon intensif RES à chacun de nous! 


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GÉNÉRIQUE (points de repère pour l’usage de l’auteur)

(Mathieu P\RES 22 Ouverture 9 décembre 2011 Anonyme.docx)

Texte d’ouverture par Mathieu P. (corrigé le 16 août 2020)

(Recorrigé légèrement et rendu anonyme en changeant les prénoms le 22 mai 2025)

Révision : 29 décembre 2025

Le présent texte d’ouverture n’a été corrigé que légèrement afin de conserver l’originalité et la spontanéité ressenties par l’auteur.

Note : Le texte d’ouverture sert surtout à accueillir les nouveaux et à donner à tous les participants le rythme à la fin de semaine

 


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